vendredi, octobre 17, 2014

Posted by : Loïc Poupou vendredi, octobre 17, 2014

Keiichiro Shibuya le compositeur de Vocaloid Opera - The End est de retour en France. Le 20 octobre prochain ce dernier se produira sur scène dans un nouveau concert pour une représentation unique au théâtre du Châtelet.









Pour en savoir plus sur ce nouveau concert : http://www.lemondefoudesmangas.com/2014/10/keiichiro-shibuya-au-theatre-du-chatelet.html

Lien officiel de l'événement : http://chatelet-theatre.com/fr/event/keiichiro-shibuya

Pour avoir une idée de ce qui vous attend : http://vimeo.com/105435637

C'est donc de ce cadre que Keiichiro Shibuya s'est livré lors dune interview.

Interview

- Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre parcours musical ?

J'ai étudié dans l'école supérieur du conservatoire de Tokyo et c'est là que j'ai appris à composer de façon classique. J'ai beaucoup été influencé par les compositeurs français. J'ai beaucoup apprécié la musique contemporaine française. Après, j'ai voulu faire d'autres choses. Cette évolution s'est faite en 2001 au moment où j'ai commencé à utiliser l'ordinateur.




- Pourquoi avez-vous décidé d'utiliser l'ordinateur et cela est-il un mélange entre classique et modernité ou évolution de votre musique ?

Vers 1998-1999, l'ordinateur G3 est sorti.  Avec ce dernier, j'ai pu créer des sons et composer. Ce fut un outil révolutionnaire pour moi.  A partir de ce moment et pendant 10 ans j'ai abandonné le piano classique pour n'utiliser que cet outil, en 2008 quand ma femme est décédée cela m'a empêché de continuer et j'ai donc repris le piano. Par la suite, j'ai intégré l'ordinateur au piano et aujourd'hui, je considère qu'il n'y a plus de frontière entre les deux, on peut donc parler d'un mélange.

- Jouez-vous d'un autre instrument que le piano ?

Pour l'instant uniquement le piano. Le personnes qui ont vu The End, ne m'ont pas vu jouer au piano, se sera donc une surprise s'il vienne me voir.

- Le fait de faire un concert durant lequel, le moindre de vos faits et gestes seront détaillés et montrés, a pour but de délivrer un message ?

Le thème de The End était la vie et la mort. Quand on est mort, on ne peut pas dire : je suis mort. On ne sait plus, si on dort ou si on est mort. Il n'y a que les autres personnes qui le savent. La pièce présente dans cet opéra peut être assimiler à un cercueil.
On peut aussi considérer la pièce  comme un espace privé mais si on invite quelqu'un ou des personnes, cela devient public.



- Cherchez-vous à créer une certaine ambiguïté qui intriguerait le spectateur ?

Le message est que tout peut basculer très vite.
Je suis artiste et en général, c'est moi qui donne le plaisir au spectateur. On peut cependant aussi dire, que je suis observé par le public. Cela peut donc donner une sorte de souffrance. Je me suis dit, que l'on allait élargir ce paradoxe en montrant les images pour que l'on puisse m'observer. On verra à travers elles que je m'amuse.
L'art du XXème siècle refuse tout ce qui est cadré ou formalisé. J'aimerai recomposer des choses. C'est pour cela que je n'ai pas utilisé de chanteur dans The End. Cette fois-ci, je fais d'une pièce privée, une pièce dans laquelle je suis observé.
Vous considérez-vous comme une sorte de chercheur ?
Oui tout à fait, je cherche toujours à créer une sorte d’ambiguïté. Ma répétition d'aujourd'hui, était retransmise comme si je faisais une représentation.
Je crée un espace devant un public mais c'est comme si j'étais seul dans ce dernier. De ce fait, je m'amuse librement.

- Avec The End, on ne vous voyez pas et aujourd'hui vous vous montrez sur scène. On peut dire que vous vous livrez en quelque sorte au public ?

Oui, je viens de l'autre côté de la scène.
C'est pour cela que le titre du concert, c'est : Perfect Privacy.




- Cela va faire la deuxième fois que vous vous produirez au théâtre du Châtelet. Avez -vous une affection particulière pour ce lieu ?

Le fait, de créer quelque chose de nouveau dans un lieu ancien, est une chose intéressante. Cela crée un impact plus fort.

- Comment avez-vous préparé ce concert ?

Il y a deux choses importantes :
1 C'est le deuxième concert que je compose. Je l'ai créé ici au studio.
2 Je vais jouer quatre morceaux de The End mais sans la voix de Miku. Ceux qui ont connu The End ont je pense, chacun une représentation dans la tête de la voix de Miku. Je trouve cela intéressant.

- Comment avez-vous ressenti le succès de The End ?

Dans cet opéra, il y avait des aspects novateurs mais aussi certains classiques. Je pense que si j'avais fait quelque chose d'entièrement novateur, cela n'aurait pas été aussi bien accueilli.
Pour moi qui est été influencé par la musique occidentale, j'ai voulu "tuer" cela avec quelque chose de nouveau.
Prochainement, je pense faire un opéra avec un robot qui ressemblerait beaucoup aux être humains. Autant que japonais, je pense que se sera bien de montrer quelque chose de nouveau en détruisant l'opéra et en reconstruisant un autre opéra.

- Vous laissez-vous la possibilité de faire des improvisations dans votre concert ?

Oui, selon l'atmosphère et le feeling soit j'improviserai ou je répéterai plusieurs fois la même chose. Je déteste l'improvisation prévue à l'avance.


Je remercie beaucoup Keiichiro Shibuya qui a bien voulu répondre à mes questions et l'équipe du théâtre du Châtelet qui m'a permis de faire cette interview.

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