jeudi, juin 04, 2015

Posted by : Loïc Poupou jeudi, juin 04, 2015



Lors de la 19ème édition de Paris Manga, j'ai pu rencontrer un duo de qualité et de référence dans le monde de l'animation : Hiromi Wakabayashi et Sushio.

Cette rencontre s'est faite autour d'une table ronde en présence d'autres médias.

Table ronde


Pouvez-vous vous présenter : votre jeunesse, vos influences, vos études, vos débuts de carrière ?


Sushio : Quand j'étais plus jeune,  j’avais la côte avec les filles. Quand je suis rentré dans une école spécialisée sur le manga, j’avais la côte avec les filles otaku, et en rentrant dans le monde de l’animation, j’avais encore plus la côte avec les filles otaku. Tout cela est dû à mon imagination.

Wakabayashi : Je pensais passer mon temps à m'amuser et je me suis tellement amusé que je ne me pensais plus être capable de faire quelque chose. Je me suis dit pourquoi ne pas essayer d'être réalisateur, et c'est comme cela que j'ai débuté. 


Vous avez travaillé sur des productions atypiques de l'animation japonaise. Ces dernières se démarquent de l'état actuel de l'animation japonaise. Que pensez-vous de l'animation japonaise actuelle ?


Sushio : Je trouve que l'animation s'appauvrit. De ce fait, la qualité n'est plus au rendez-vous.

Wakabayashi :  On trouve de plus en plus de détails dans les animes. Ces derniers sont de plus en plus nombreux alors qu'il y a de moins en moins d'animateurs. La création d'Inferno Cop montre un peu le futur de l'animation. 


Beaucoup d’œuvres au Japon utilisent de plus en plus des images de synthèse pour créer des personnages comme, par exemple, le Film de Saint Seiya, Kantai Collection etc. Pensez-vous qu’un jour il y aura du Kill la Kill en 3D ?

  
Sushio : Cela est impossible de faire un Kill la Kill en 3D, pour la simple et bonne raison que je ne veux pas en utiliser.

Wakabayashi : Moi je n’ai pas vraiment un avis négatif sur l’animation en 3D : je pense que ce n’est pas pareil et cela peut parfois avoir son utilité. S’il faut l’utiliser pour rendre service à l’animation, pourquoi ne pas l’utiliser. Par contre de la 3D pour de la 3D, je ne pense pas que ce soit vraiment utile ; au contraire c’est une masse de travail supplémentaire. Cependant, je ne serais pas contre le fait de créer une animation entièrement en 3D.



En 2011 vous quittez Gainax pour travailler chez Trigger ; est-ce que vos méthodes de travail ont changé depuis ?


Sushio : Je peux m'exprimer totalement

Wakabayashi : Quand on était à Gainax, il y avait une génération avant nous, nous étions la génération intermédiaire. Ils nous ont fait réalisé des animes pas nos animes. Nous avons donc pensé à créer une société pour créer et sortir nos animes.  C’est là que nous nous sommes rendus compte de la difficulté de gérer une société tout en créant des animes et tout en éduquant/enseignant aux nouvelles générations comment devenir de bons animateurs.


Comment est né Kill la Kill ?

  
Wakabayashi : Cela est très simple, c’est M. Nakajima  qui a dit : « la prochaine série que je ferais tournera autour des vêtements ». Pour Gurenn Lagann, M. Imaishi a dit « moi je veux faire une série avec des foreuses », et pour Panty & Stocking, il voulait juste faire des filles sexy.

Sushio : Pour Kill la Kill  je voulais faire des filles qui ont de la classe et tout ! Ainsi j’aurai de la popularité auprès des filles. Finalement ça a marché, les personnages ont la côte, mais pas moi.



L’anime Kill la Kill a été créé avant le manga ; cela a-t-il été plus facile à produire sans support manga?


Wakabayashi : Il est beaucoup plus difficile de créer une œuvre à partir de rien du tout. Cependant, c'est ce que nous aimons car nous avons une totale liberté d'expression. Cela a donc était plus facile conceptuellement mais plus difficile lors de la réalisation.


Sushio, vous êtes animateur, mais vous avez également été chara-designer ou encore directeur de l’animation sur différents projets. Quelles sont les différences entre tous ces postes et lequel préférez-vous endosser ?
 
Sushio : Un  character designer va créer les personnages et tout ce qui tourne autour de ces derniers.  L'assistant de réalisation va garder un œil sur l'ensemble de la réalisation. Un animateur va s'occuper de faire vivre les personnages.

Le poste que je préfère est celui d'animateur car on a la possibilité de participer sincèrement à cette mise en scène.


Quand on regarde le Chara Design de Shiori  TAMAÏ du groupe Momoiro Clover on remarque qu’elle ressemble énormément à Mako.  Est-ce que vous vous en êtes inspiré?


Sushio : Je ne m'en suis pas du tout inspiré.


Est-ce qu’il a été difficile d’animer ces transformations de Kamui sexy à souhait, tout en essayant de rester de bon ton ? Ou au contraire cela a été très amusant à faire ? Jusqu’où vouliez-vous aller ?

  
Wakabayashi : On aime l’érotisme, mais on n’aime pas quand c’est sale. On a donc poussé à son maximum, mais il fallait que ce soit mignon. C'est un érotisme mignon.

Sushio : Les top-models, quand elles font de l’érotisme, ne montrent pas leurs tétons. Nous sommes donc partis sur le même principe : c’est super sexy, super érotique super mignon, mais ce n’est pas cochon.



D’où vous est venue l’inspiration pour la tenue de Mako Mankanshoku ?

  
Wakabayashi : Comme on a tout revérifié nous-mêmes et comme c’est le personnage préféré de Sushio, il a tout fait au mieux. On s’est inspirés des hommes qui cherchaient la bagarre pendant l’air Showa, dans le style de Jojo.

Sushio : Nous ne sommes pas encore satisfaits de ça, donc on ira à un niveau supérieur.

  
Avez- vous une petite anecdote sur Kill la Kill ?
  
Wakabayashi : Il y a beaucoup de choses à dire, mais il y a une chose amusante, c’est sur Gamagori : quand j’ai fait son design, en travaillant ses couleurs, comme c’est quelqu’un qui est très à cheval sur les règles, je me suis dit que j’allais le faire très bronzé avec les cheveux jaune flashy et quand je l’ai présenté à Sushio, il a pété un câble, parce qu’il avait dit « ah non pour ce personnage-là, on utilise que des couleurs de cheveux dans des tons normaux, de noir à châtain… » et on s’est assez disputés là-dessus.

Sushio : A un moment j’ai mis sur Twitter « on va jamais arriver à finir » et là le retour des fans a été énorme. À la fin il y avait même des dessins avec Mako, qui arrivait avec une paire de ciseaux en courant pour essayer de trucider l’équipe de Trigger. Pour finir, quand le dernier épisode a été diffusé, j’ai fait un dessin d’un personnage qui attrape la paire de ciseaux pour dire « là c’est bon, c’est terminé ! » 




Je tiens à remercier Hiromi Wakabayashi et Sushio pour cette table ronde. Je tiens également à remercier Emmanuel. Bochew, interprète et agent d'Hiromi Wakabayashi ainsi que de Sushio. Je remercie également le staff de Paris Manga qui m'a permis de participer à cette table ronde.

Laisser un commentaire

Subscribe to Posts | Subscribe to Comments

- Copyright © La folie des manga - Designed by Leyzia - @Leyziablog -