lundi, mars 27, 2017

Posted by : Rimshoux Momoi lundi, mars 27, 2017

Lors du Salon Livres Paris, le mangaka Jean-Paul Nishi fut l'invité des éditions Kana suite à la sortie de son dernier manga : A nos amours.






















© by NISHI Jean Paul / NISHIMURA Taku / Shôdensha

Né en1972, ce mangaka japonais a fait de Paris un de ses thèmes de prédilection. Il est un des rares auteurs japonais à transmettre à ses compatriotes les impressions d'un homme sur la capitale française et ses habitants. 
Diplômé d'une école de design, Jean-Paul Nishi dessine depuis l'enfance.


Voici l'interview : 

- Comment en êtes vous arriver à devenir mangaka ?

A la base, enfant j'aimais déjà beaucoup les manga, je lisais déjà énormément de manga. Par la suite, j'ai participé à des concours organisés par des magazines de manga. J'ai décroché des prix pour ces concours, ce qui m'a donné accès au milieu due manga et je suis devenu assistant. J'ai été assistant pendant trois ans au près du mangaka Yukio Tamai qui a notamment fait Kamome Chance.

- Quels sont vos influences artistiques ?

Il y en a beaucoup, qui datent de ma première période de lecture de manga. Il y a Fujiko Fujio (Doraemon), ensuite il y a Akira Toriyama (Dr Slump), tout les auteurs de Shônen Jump, Tetsuo Hara. Toutes ces personnes ont marqué ma découverte du manga et m'ont indirectement influencé.

- Comment avez-vous eu l'idée de parler dans vos ouvrages de la différence culturel et même parfois d'un choc culturel ?

En fait, quand je suis venu à Paris en 2005, j'ai subi beaucoup de choses à la fois triste, à la fois qui me mettais en colère ou qui pouvais m'agacer et qui m'ont laissé des traces. Tout ces chocs quotidiens, j'en prenais note sous forme d'esquisses et parallèlement je travaillais sur des manga de fiction.
Puis, quand je suis rentré au Japon et que je suis allé voir une maison d'édition. Finalement c'est cette espèce de petit journal de bord où je décrivais les chocs que j'ai subi en France qui a attiré l'attention de l'éditeur. Ce dernier m'a dit que c'est ça qu'il voudrait en manga.

- Est-ce uniquement ce que vous avez vécu ou il y a-t-il des choses que vous avez entendu ?

Je dirais que plus de 90 % de ce qui est raconté est du vécu propre. Le reste, peut-être du vécu d'une autre personne mais le cas échéant je le met comme vécu de l'autre personne. C'est à dire que c'est l'autre personne qui est mise en scène, par exemple, si c'est Karen qui dit quelque chose et qui me raconte, c'est Karen qui va être mise en scène comme racontant et mettant en scène ce qu'elle a vécu et qu'elle m'a raconté. Je ne m'approprie pas l'expérience d'un autre comme étant vécu par moi.

- On voit que c'est quand même assez humoristique, je voudrais savoir si c'est une façon de mieux passer le message pour que sa ne bloque pas et qu'il n'y ait pas par exemple un aspect condescendant ?

L'objectif est de faire rire mais en même temps je fais extrêmement attention à ne pas froisser les gens. Evidemment il est impossible de réussir à satisfaire tout le monde,mais dans la mesure du possible j'essaye de satisfaire un maximum de personne. C'est à dire, ne pas heurter les gens et faire passer néanmoins un message mais de façon à ce que sa soit vu comme quelque chose de risible.

- Comme entre la culture occidental et la culture japonaise c'est un peu compliqué de comprendre certaines choses dans un sens ou dans l'autre. Je voulais savoir si pour vous, cela a nécessité un travail d'adaptation où l'avez vous écrit juste comme vous le ressentiez ? 

C'est la même chose en faite, il n'y a pas vraiment de différences entre la version japonaise et la version française. Appart le sens de lecture qui a été retourné et éventuellement s'il y a un nom japonais, d'artiste japonais par exemple, il va y avoir un petit astérisque pour expliquer qui c'est. C'est une explication que j'ajoute mais sinon il n' y a pas de différence.

- Avez-vous eu un retour au japon de quelqu'un qui aurait vécu la même chose que vous ou autre ?

Oui effectivement, j'ai eu de nombreuses réactions sur le fait que beaucoup avaient vécu certaines choses similaire. Les mêmes sentiments, qu'ils s'agissent de japonais qui ont un intérêt pour l'étranger ou de japonais qui ont vécu aussi à Paris. Du coup, ils se retrouvent dans le manga. Mais en même temps, il y a aussi une sorte de barrière à franchir pour toucher aussi des lecteurs qui n'ont pas cette même expérience ou qui n'ont pas ce même intérêt pour la France ou pour Paris.

-  Y-a-t-il de l’exagération ou est-ce vraiment que du vécu ?

Cela dépend de la personne dont il est question, c'est à dire que s'il s'agit de quelqu'un de proche que je connais très bien, avec qui j'ai une relation de confiance, je peux exagérer un peu les attitudes de cette personne. Je les exagère un peu, je les mets en scène de façon un peu mangaisé. En revanche, si je mets en scène quelqu'un que je ne connais pas mais qui s'est trouvé là dans cette situation ou quelqu'un qui n'est pas vraiment très proche, je ne vais pas caricaturer. Je ne vais exagérer les choses, je vais les montrer telles qu'elles sont apparues.

- Comment procédez-vous pour votre travail en général ?

La première étape en faite c'est un peu en vrac, c'est des prises de notes, il n'y a aucun rapport entre les différentes actions c'est juste des notes prises comme sa. La forme des prises de notes varient, cela peut être une situation esquissée comme ou simplement des petits mémos écrits. La deuxième étape est de créer des liens, de créer des rapports entre ces différentes situations. Qu'est-ce qui irait bien ensemble ? Qu'est-ce qui pourrait constituer une histoire ? Donc je crée des liens et je réécris un peu ce mémo la sous une autre forme avec des liens entre les différentes situations qui n'ont au départ pas forcément de rapport ou même pas du tout. L'étape suivante, c'est la création de l'histoire telle qu'elle va apparaître dans le manga, découpée en cases avec tout les liens qui vont se retrouver ici, cela s'appelle les nems en japonais. On arrive à une forme plus proche du manga, tout est quasiment déjà décidé, c'est à dire comment vont se retrouver les personnages, les finalitaires.

- C'est un peu le story-board ?

Oui, c'est le story-board, ensuite je dessine au crayon à papier, je repasse tout à l'encre, j'efface le crayon à papier, j'écris toutes les instructions pour l'assistant qui met ensuite les niveaux de brie ensuite à l'ordinateur. La dernière étape, c'est la page terminée. Le noir on le passe à l'ordinateur ce n'est pas la peine de le dessiner. Mais parfois pour des raisons particulières je le dessine parce qu'il y a une raison précise, je veux avoir la case finalisée quasiment à l'encre pour voir ce que sa va donner, pour me donner vraiment une idée. Pour certaines cases, je fais moi même l'encrage non pas à l'ordinateur mais manuellement pour voir et donner un toucher particulier.

- C'est rare de voir un mangaka qui travaille encore comme sa car aujourd'hui beaucoup font tout à l'ordinateur.

C'est vrai, mais moi je souhaite donner ce toucher particulier et je trouve cela plus satisfaisant de travailler ainsi avec mes outils.














- C'est la deuxième fois que vous venez au Salon du Livre à Paris, quelles sont vos impressions ?

Cette fois c'est plus facile parce qu'en faite, je viens pas tout seul mais invité par Kana, j'ai des relations principalement qu'avec mon éditeur, je n'ai pas en plus à gérer tout le contexte lié au Salon du Livre.


Je tiens à remercier Jean-Paul Nishi d'avoir bien voulu répondre à mes questions et les éditions Kana qui m'ont permis de faire cette interview. 

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