dimanche, septembre 10, 2017

Posted by : Rimshoux Momoi dimanche, septembre 10, 2017

Lors du dernier Impact de Japan Expo, Jun Mochizuki fut l'invitée des Editions Ki-oon. C'est à cette occasion que j'ai pu la rencontrer et l'interveiwer lors d'une table ronde avec Just Focus et Les illuminati.


©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.

Cette mangaka était encore étudiante quand elle a commencé à prépublier sa première série, Crimson-Shell, en 2005. À partir de juin 2006, Jun Mochizuki publie Pandora Hearts dans le mensuel GFantasy de Square Enix : un succès commercial et critique qui lui vaut une adaptation en série animée en 2009 ! Sorti en France en 2010, Pandora Heartscompte quelques 700 000 exemplaires vendus à travers l’Hexagone et rassemble une grande communauté de fans.

©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.


Table Ronde : 

- C'est votre deuxième série en France. Comment percevez-vous le succès que vous avez eu en France ? 

Je ne réalise pas vraiment que cela a pu avoir un tel succès en France, je suis très heureuse que l'on me le dise et me le répète. J'espère aussi vraiment que les lecteurs apprécieront Vanitas car cela se passe dans leur pays.

- Nous avons pu voir que vous avez changer de magazine de publication, vous êtes passé du GFantasy  au Gangan. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez changé de magazine de publication ?

Ce n'est pas vraiment un choix très personnel, c'est juste que pendant la publication de Pandora Hearts. Mon éditeur en charge de cette série à l'époque a changé de rédaction et il est passé chez Gangan Joker. Je me suis dit tout naturellement que ma prochaine série serait avec lui chez Joker.

- Pouvez-vous nous dire quels ont été les influences pour Les Mémoires de Vanitas ?

Déjà, j'avais envie de faire une histoire avec un duo, je me suis beaucoup inspiré des aventures de Sherlock Holmes. Après pour le steampunk j'ai rassemblé pas mal de livres, d'illustrations sur le sujet. C'est un thème qui me plaît à la base, quand à Paris, j'ai pris pleins de photos lors de mes séjours. c'est grâce à cela que j'ai recréé le tout dans Les Mémoires de Vanitas.

- Qu'est-ce qui vous a décidé à faire le choix d'adaptation de tel ou tel époque au niveau des mémoires de Vanitas ?  

En faite, c'est à une époque qui se prête bien aux mixe des nombreux éléments que j'aime à la base. Donc, il y a le renouveau, les robes de l'époque mais aussi le fait que comme c'était un moment où les robes se modernisaient et qu'il y avait beaucoup de mixe entre le passé et les nouvelles technologies. C'était une époque parfaite pour dessiner de la fantaisie.

- Comment avez-vous traverser cette transition entre Pandora Hearts et Les Mémoires de Vanitas ? Pourquoi avoir choisi les vampires sachant que dans le marché du manga, il y a beaucoup de manga avec ce thème ? Selon vous dans Les Mémoires de Vanitas, qu'est-ce qui pourrait innover et intéresser les lecteurs dans cette oeuvre ? 

Depuis l'époque où je dessinais Pandora Hearts, j'avais déjà deux options en tête, soit une série qui se passerait sur un campus, soit une série de vampires.
J'ai fini par me focaliser sur l'histoire de vampires mais quand je suis allée à Paris grâce à l'invitation de Japan Expo, la forme est devenue plus claire dans ma tête, la scène était plantée, c'est à partir de ce moment-là que j'ai vraiment commencé à développer.
J'ai commencé les personnages de Noé et Vanitas sachant que je voulait faire une histoire avec un duo.
En faite, le thème des vampires est utilisé dans de nombreuses œuvres, aussi bien en manga, qu'ailleurs. Il fallait vraiment que je trouve un point d'originalité pour me démarquer. Ce que j'ai fait, c'est que j'ai pris le concept originel du vampire qui attaque les humains et je l'ai retourné pour qu'ainsi ce soit un humain qui cherche à sauver les vampires.

- Pouvez-vous nous dire comment vous avez eu l'idée de l'artefact qui permet de guérir les vampires de leur soif de sang au lieu de les tuer ? 

J'avais posé le concept d'un humain qui va sauver les vampires mais après la question se posait de savoir comment je vais montrer cela. Les enjeux était de garder les vampires sous leur forme attirante pour le lecteur, je pense pas que cela aurait intéressé les lecteurs de voir des vampires malades, faiblards et qui aurait besoin de l'aide des humains, au contraire ce sont des créatures qui fascinent de par leur force et leur puissance.
Donc utilisé cette astuce visuelle me permettait de garder les deux points forts des histoires de vampires et le point d'originalité que j'avais trouvé.

- Pour beaucoup de japonais, que l'on peut voir dans des documentaires, ils sont comme un syndrome de retour à la réalité, par rapport à l'image qu'ils peuvent avoir de Paris,pour vous ça été plutôt l'inverse. Pouvez-vous nous parler de votre expérience par rapport à cela ? 

La première fois que je suis allée à Paris, c'était aussi mon premier voyage à l'étranger donc mon premier long vol, avant j'étais juste aller à Hokkaido, c'était la première fois que je voyais d'autres pays depuis le ciel.
J'étais déjà impressionné en volant au dessus de la France, de voir un peu les villes.
Les villes étaient vraiment éloignées les unes des autres, j'ai eu l'impression que le pays était immense.
Pleins de détails me sont restés en mémoire et m'ont marqué.
Comme par exemple que les rues étaient dallées, elles sont restées comme avant, anciennes.
Personnellement, j'ai l'impression que le ciel est beaucoup plus vaste quand je suis à Paris.
Par exemple, sur les bords de Seine cela se voit bien, j'ai toujours cette image des nuages fait par les avions qui s'entrecroisent dans le ciel.
Toutes ces images me sont restées et j'aime toujours beaucoup me balader sur les bords de Seine.

- Dans Les Mémoires de Vanitas, l'artefact permet de redonner l'identité aux vampires fous ou maudits. Le thème de l'identité vous tient-elle à coeur ?

Plus que l'histoire, plus que le graphisme, ce qui m'intéresse moi ce sont les personnages, c'est cet aspect là de la narration que je veux mettre en avant.
Quand on parle personnages pour moi c'est l'approfondissement de leur intériorité.
C'est vrai que plus on creuse et plus on se rapproche de la question de l'identité, cela ressort beaucoup dans mes œuvres.

- Qu'est-ce qui a été le plus dur pour vous à créer dans cette oeuvre ?

J'ai utilisé beaucoup d'éléments de steampunk dans cette histoire qui se passe au 19 ème siécle.
Mais une question se posait à chaque fois, jusqu'où je pouvais aller dans cette introduction de ces éléments de fantaisie dans un pari réaliste ?
Je ne veux pas que ça soit du steampunk avec l'image d'une machine grosse, lourde et sale.
Je voulais garder un côté élégant et éventuellement mixer avec des éléments de l'art nouveau que j'aime beaucoup aussi.
A chaque fois c'est le problème qui se pose, quand je dessine les planches chaque mois, c'est de ne pas en faire trop.

- Est-ce que l'oeuvre D.Gray-man vous a inspiré dans la mise en place de votre univers ou est-ce un simple hasard ? 

En faite, je n'y ai jamais pensé mais je vais faire attention à ce que ça ne se ressemble pas trop.

- Définissiez-vous à l'avance les personnages ou les faisiez-vous au fur et à mesure ?

Dans une vue d'ensemble, j'ai déjà rassemblé les éléments que je voulait introduire dans l'histoire : vampires, steampunk, Paris et les assembler pour en faire un tout cohérent.
Dans l'ordre d'importance c'est d'abord les personnages, ensuite l'histoire et en troisième le monde.
Je pars d'abord des personnages pour pouvoir ensuite développer l'histoire.
L'histoire doit être au service des personnages pour pouvoir les mettre en avant.

- Quelles souvenirs allez-vous garder de cette Japan Expo ?

J'aurais bien aimé profiter un petit plus à Paris, le problème c'est que j'ai plein de planches à terminer.
Mon temps libre je l'ai passé à finir mon travail dans ma chambre d'hôtel.
La prochaine fois, je finaliserai tout sa avant de venir, pour pouvoir faire du tourisme.
Je suis tout de même ravie d'avoir était invitée à Japan Expo parce que c'était une chance unique de rencontrer mes lecteurs français.
Mais aussi, mes lecteurs de d'autres pays, également des cosplayers, des fans de tous horizons.
Merci beaucoup pour cette invitation.

Je remercie beaucoup Jun Mochizuki d'avoir répondue à mes questions ainsi que les éditions Ki-oon qui m'ont permises de faire cette interview

©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.

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